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14-5-2012 à 01:28:10 |
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Connue pour son implication dans le premier volet de la série Assassin's Creed, puis nommée à la tête du studio Ubisoft Toronto en 2009, Jade Raymond s'est longuement entretenue avec le site Eurogamer au sujet de sa perception des jeux vidéo actuels. Pour elle, le constat est clair, "il est temps que notre industrie grandisse."
«Comment se fait-il que tant de sujets traités par les autres médias se retrouvent hors limite ou tabous dans les jeux vidéo ? Pourquoi ne pouvons-nous pas aborder les choses qui ont de l'importance ? Je peux penser à tellement d'exemples de sujets qui pourraient être intéressants, des problèmes qui pourraient être adressés dans des jeux ou qui pourraient être intégrés à des grosses licences déjà existantes si nous ne voulons pas en faire le cœur même de l'expérience. C'est notre responsabilité, d'autant plus pour des personnes comme moi qui peuvent faire une différence ou qui peuvent pousser pour financer un projet.»
Parmi les sujets potentiels, Jade Raymond cite pêle-mêle le sexisme, le chômage, les sans-abris, la liberté de l'internet, le "Printemps arabe" ou encore les croyances religieuses.
«Par exemple, imaginez un jeu dans lequel la mort ou les sauvegardes seraient alignées sur les croyances hindouistes de réincarnation. Peut-être pourriez-vous recommencer un niveau en tant qu'animal, ou humain avec d'autres talents post mortem ? Et qu'en est-il de la façon dont le système s'acharne contre les pauvres ? Si vous perdez votre emploi, particulièrement aux Etats-Unis où il n'y a pas de prises en charge médicales, vos dettes peuvent rapidement devenir ingérables et c'est extrêmement facile de se retrouver sans abri. Je pense qu'une telle boucle de gameplay pourrait très aisément être intégrée à un jeu. De même pour le sexisme. Cela pourrait être facilement ajouté à une franchise comme Call of Duty. Si vous pouviez jouer une femme, vous pourriez apporter une certaine perspective sur le sujet.
Je ne sais pas quand notre industrie a décidé que pour pouvoir vendre cinq millions de copies d'un jeu, il fallait obligatoirement réaliser un film à la Michael Bay. Il y a d'autres options.»
A la lumière de ces propos, il sera très intéressant de suivre les premières révélations sur Splinter Cell 6, le jeu que supervise actuellement Jade Raymond pour Ubisoft Toronto.
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Par lpd11, Rédacteur en chef de lpd11.free.fr |
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